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Les mangeuses de livres

Les mangeuses de livres

L'aventure d'un livre commence, dans la tête de l'auteur et ne fini jamais... Si il est lu et partagé.

Interviews Sylvain Johnson Ecrivain

Interviews Sylvain Johnson Ecrivain

Mes Bookworm's aujourd’hui les mangeuses de livres vous dévoilent tout sur Sylvain Johnson Écrivain chez L’Ivre-Book

 

Dites-nous tout sur votre bibliographie?

Bonjour. Tout d’abord, un grand merci pour cette occasion de parler de moi. Nous savons tous que les écrivains ont une grande gueule et aiment bien parler d’eux. . C’est une belle initiative de votre part.

Ma bibliographie comprend trois romans. Deux de ces romans ont vu le jour en version originale papier au Québec en 2012. Il s’agit de : « Le tueur des rails » et « L’Esprit des glaces ». Deux histoires très différentes, la première un polar fantastique et l’autre un thriller fantastique qui frise la science-fiction. Depuis, les Éditions L’Ivre-Book ont repris les droits numériques de ces deux romans, ainsi que de leurs suites. Pour l’instant, seulement les deux tomes de la série « Le tueur des rails » ont été publiés en numérique, mais la série « L’esprit des glaces » devrait bientôt être disponible. Mon petit nouveau, également chez L’Ivre-Book, est un roman de science-fiction dont je suis très fier. Un dieu parmi les hommes est ma réécriture du mythe de Superman, à ma façon, plus sombre et plus compliqué. Pas besoin d’être un amateur de superhéros pour aimer. Je viens aussi de signer un contrat avec une maison d’édition québécoise, mais il est trop tôt pour parler du projet.

J’ai aussi plusieurs nouvelles littéraires publiées au Québec et en France, dans des magazines et webzines de toutes sortes. Solaris, Clair/obscurs, Freaks Corp, Horrifique, ECC2, Parchemins & Traverses… pour ne nommer qu’eux.

 

Comment vous êtes-vous rendu compte de votre envie d’écrire puis de votre don pour l’écriture?

Je l’ai su très jeune, mais il aura fallu attendre l’école secondaire [le lycée en France] pour en être certain. Ma mère m’a initié très jeune à la lecture et mon frère, de 4 ans mon ainé, m’aura offert des occasions en or de développer mon imagination lors d’aventures les plus folles les unes que les autres. Dans mon adolescence, durant les cours de français, il devint évident que je possédais une certaine habileté avec l’écriture, du moins davantage que les autres étudiants. J’ai donc commencé à écrire, des livres dont on est le héros, des histoires personnelles, un journal. Puis, vinrent les romans, le genre qui me plaît le plus. Il m’aura fallu toutefois de très longues années avant d’être publié. Je n’étais tout simplement pas prêt, mon écriture maladroite et mon manque de sérieux furent mes pires ennemis.

 

De quel univers est ou sont tirés votre ou vos roman [s]?

Malheureusement, il ne fait pas bon être un de mes personnages. Comme un ami me le faisait remarquer un jour, je torture mes personnages et leur offre peu de chance dans ces vies imaginaires qui les animent. Mes romans, pour la plupart, ainsi que mes nouvelles, se déroulent à l’époque moderne, dans un monde près de la réalité, si ce n’est d’éléments fantastiques imprévus. Mais certains pourraient clamer haut et fort que notre monde est en fait un univers rempli d’éléments inconnus, que nous préférons tous ignorer.

 

Comment définiriez-vous votre style d’écriture?

Je suis incapable de répondre à cette question.

 

Comment vous vient l’inspiration, vos idées, vos personnages...?

Mon inspiration me vient en partie de souvenirs, de rêves, de choses entendues, remarquées, d’odeurs ou encore de mots fascinants rencontrés lors de mes journées. Les idées s’entassent dans mon esprit fou, formant une étrange mixture qui cuit à petit feu durant plusieurs mois, parfois même des années. Et un jour, le déclic se fait, les pièces du puzzle s’assemblent et je n’ai plus le choix, il me faut écrire l’histoire, un peu parce que je suis très curieux de savoir ce qui va se passer, comment les personnages s’en sortiront. Un bon exemple est « Le tueur des rails ». Ma première idée me venait d’un document sur les hommes vivant sur les rails, les « hobos » sautant d’un train de marchandises à l’autre pour parcourir le pays. Ils forment une étroite communauté, pleine de mystère. Cette idée s’est plus tard ajoutée avec celle d’un tueur en série. Je me retrouvais donc avec un tueur en série sur les rails. Mais pourquoi cet homme commettait-il ses horribles meurtres? Vint alors un long séjour dans le Maine, où les tiques pullulent et font des ravages. Cette association involontaire devint le cœur du roman. Un meurtrier sur les rails atteint d’une maladie le poussant à perpétrer ses actions irréversibles.

 

Comment arrivez-vous à transmettre toutes ces émotions, pour que nous lecteur les ressentions aussi pleinement?

J’espère parvenir à transmettre à mon lecteur autre chose qu’une envie de fermer le bouquin ou de s’en servir pour allumer le foyer. En tant qu’écrivain, j’essaie toujours de me mettre à la place de mes héros, de vivre en partie le drame qui les tenaille. J’observe au long de mon parcours dans ce monde de fou, les diverses émotions, les réactions des gens et leur langage. La race humaine ne cessera jamais de me surprendre et elle m’inspire. J’ai vécu dans l’État du Maine durant plusieurs années et en lisant des romans de Stephen King, il m’arrivait de trouver ses personnages intrigants, exagérés, loufoques. Je dois vous admettre que les habitants du Maine n’ont cessé de me surprendre, j’ai côtoyé, travaillé et vécu avec des énergumènes dignes du plus fou des romans de King. Il s’est inspiré de ses contemporains. Tout comme moi.

 

Quel passage de vos ou de votre livre [s] a été le plus dur à écrire?

Le passage le plus difficile que j’ai écrit est en fait dans un roman à venir. Le manuscrit est entre les mains d’un éditeur. J’y ai inclus mes peurs les plus folles. C’est une puissante scène où un homme découvre la pire des atrocités qu’un humain peut commettre. Un drame sombre où une enfant innocente sera sacrifiée pour le plaisir d’un être démoniaque, où la mort se présentera sous la forme d’une fenêtre ouverte, au haut d’un immeuble. Une enfant sacrifiée dont l’intégrité aura été bafouée, une tragédie trop souvent imputée aux femmes. Un viol suivit d’une mort, une mort qui n’en sera pas vraiment une. Puisqu’il existe parfois des états d’existence que même la mort ne peut atteindre. Imaginé la pire souffrance et d’être ensuite obligé de la revivre, jour et nuit, pour l’éternité? Voilà ce que j’ai écrit.

 

Comment faites-vous pour que vos idées deviennent par la suite un manuscrit?

C’est un peu comme préparer un repas. Les idées sont les ingrédients. Par exemple, j’ai un homme amoureux ici, un accident de voiture là, un policier corrompu ici, une maison hantée et un jeune homme aux pouvoirs exceptionnels. Ces ingrédients ne sont rien sans la recette, qui est en fait le plan. Un plan que j’écris à moitié, souvent du début du roman au milieu de ce dernier, le reste me viendra à mesure que j’écris. Une fois les idées inscrites sur ce plan, je commence l’écriture, tout en sachant que le plan sera changé maintes fois, parce que les personnages en décident ainsi, parce que d’autres idées s’ajoutent. Très rarement ai-je écrit une histoire similaire à mon idée de départ, je dérape toujours dans le processus. Mais les résultats me plaisent.

 

Que ressentez-vous pour chaque étape de l’aventure [écriture, fin, correction, Édition, la sortie…]?

Ne pas écrire est une période creuse. Difficile. De dépression. Je ramasse des idées, prends des notes, y pense jour et nuit. Commencer un roman est extraordinaire, comme un premier rendez-vous avec cette jolie voisine qui vous a plu dès le début. Une romance qui s’amorce, avec des surprises, des moments de joie. Écrire est la plus belle chose qui soit, je découvre la transe, je suis impatient de voir ce que feront les personnages, où me mènera cette histoire. Je vis l’euphorie. La correction est un peu plus difficile, mais tellement importante. On se relit, plusieurs fois, réécrit des lignes, des paragraphes entiers. On découvre des incohérences, des problèmes, on se surprend parfois en aimant certains passages. Faire lire le manuscrit en question est un moment de stress, est-ce qu’on va aimer? Est-ce que le roman vaut la peine? L’attente est longue et pénible, mais essentielle. Lorsque le roman est finalement accepté, c’est un moment de joie souvent remplacé par une très longue et interminable période où il ne se passe rien. Des mois, sinon des années peuvent se dérouler entre la signature d’un contrat et la sortie. Cette sortie est d’ailleurs tant attendue et redoutée. On patiente pour lire des critiques de son bouquin, pour voir qui en parle. C’est aussi la période où on passe à autre chose.

 

Quelle lecture vous attire en dehors de l’univers de votre ou vos romans?

Je lis à peu près de n’importe quoi, du thriller, du fantastique, de polar, de la science-fiction, des biographies ou livres d’histoires. Je suis du genre difficile, abandonnant souvent des romans après une vingtaine de pages. Je lis à la fois des romans québécois, français et des traductions américaines. Je lis uniquement en français, malgré que je vive aux États-Unis. C’est l’avantage des livres numériques pour moi, peu couteux et faciles à se procurer.

 

Sylvain n'est pas qu'un auteur c'est aussi un homme, nous vous en dévoilons plus dans la suite de l'interview.

 

Tout d’abord, dites-nous-en plus sur vous (votre métier, votre âge et pourquoi pas votre situation familiale... : P)?

Bonjour. Je vais essayer de ne pas trop vous ennuyer avec ma vie assez banale. J’ai la quarantaine, et je suis marié depuis 5 ans. Nous vivons en Caroline du Nord, aux États-Unis, et je dois avouer que ce fut tout un choc culturel, linguistique et humain que de passer du Québec au sud des É.-U. Je peux vous confirmer qu’ils sont fous ces Américains, pas de doute là-dessus. Je suis à la fois père à temps plein, administrateur de réseau et écrivain. Pour être honnête, disons que ces derniers mois j’ai passé la majeure partie de mon temps à m’occuper de notre fils, qui aura deux ans au mois de mars. C’est l’emploi le plus difficile, exigeant et demandant qu’il m’ait été donné d’occuper. Un sacrifice complet, un oubli total de soi pour parvenir à s’occuper de l’enfant si facilement malléable. C’est aussi la plus belle occupation qui soit et j’espère que la plupart des pères puissent avoir la chance d’entreprendre ce défi, ne serait-ce que pour quelques mois, et j’espère aussi que le travail de leur épouse soit reconnu. J’adore la randonnée pédestre, les films, la lecture et je suis un amateur de hockey – rien d’exceptionnel pour un Québécois!

 

Quel(s) est ou sont vos ou votre plus grande(s) réussite(s)?

Mes plus grandes réussites : Mon fils, un être humain extraordinaire, que j’aime de tout mon cœur et que je souhaite protéger du monde parfois incertain, sans l’étouffer dans une bulle irréaliste de surprotection.

Être publié fut longtemps mon objectif et je l’ai atteint. Ce fut et c’est encore une très longue route. Le magazine Freaks Corp de France et son éditeur Romain Billot m’ont donné l’ultime chance en me publiant et depuis, les choses ne font qu’aller dans la bonne direction du côté littéraire. Je lui en suis reconnaissant.

 

Quelle serait une journée royale de détente pour vous?

Est-ce que cela existe vraiment? Disons une journée sans ordinateur, sans téléphone, sans télévision, sur une île déserte au milieu du Pacifique, avec ma femme et mon gamin, quelques bons livres, quelques bières froides, un massage et de la bonne musique. Il ne faut pas oublier quelques bons repas chauds et du chocolat, du café.

Quoi de mieux?

 

Quels sont vos défauts et vos qualités?

Vous désirez vraiment ouvrir cette boite de Pandore? Mes qualités? Je crois que je suis un homme, un père, un mari dévoué, fidèle et honnête. Pour moi, être dans une relation amoureuse, ce n’est pas un simple statut Facebook ou une phrase en l’air. Je crois que pour être bien traité dans une relation, il faut avant tout le mériter. J’adore prendre soin de ma femme, de mon fils, les gâter et les faire rire. Je suis honnête, bon travailleur.

Mes défauts? J’ai droit à quoi? Dix pages pour tous les écrire?

Je ne suis pas le plus patient des hommes, je suis assez pessimiste parfois. J’ai une estime de moi pas très haute et j’ai tendance à exagérer mes problèmes. Je suis très dur avec moi-même, peu tolérant de mes propres défauts.

 

Quel est votre plus grand rêve?

Est-ce que je rêve d’une villa à Monaco? Un Yacht, un avion privé, un compte en banque avec plein de zéros et un après-midi de golf avec des célébrités? Pourquoi pas, mais tout cela est bien loin de ma réalité. Mon plus grand rêve était d’être publié qu’un jour un étranger ou une étrangère lise mon livre, me donne son opinion. J’ai accompli cela! Bien entendu, je rêve d’un succès commercial, financier, d’une reconnaissance dans le milieu. Mais de savoir qu’on lit mes livres est mon plus grand rêve accompli.

 

Avez-vous une passion en plus de l’écriture?

J’adore beaucoup de choses, mais rien que je ne qualifierais de passion. L’écrire m’obsède, jour et nuit. Je dois donc répondre non à cette question.

 

Quelle est la chose qui ne vous quitte jamais?

Mon téléphone cellulaire. Ne vous méprenez pas, je déteste parler au téléphone et je réponds seulement aux appels de ma femme. Pour les autres coups de fil, j’écoute les messages et ensuite vous rappelle si j’en ai envie. Mon téléphone est davantage mon moyen de communication par courriel, Facebook, mon lecteur de livre numérique. J’y prends des notes, consulte l’internet et c’est pratiquement c’est mon petit ordinateur de poche. J’aime bien la possibilité de rester en ligne, du bout des doigts entrer en contact avec ma famille.

 

Quel a été le moment le plus marquant ou épanouissant de votre vie?

La naissance de mon fils, sans contredit. Ce moment fut mémorable. Ma femme a donné naissance par césarienne et je me tenais à ses côtés, tandis qu’on lui ouvrait le ventre. J’ai coupé le cordon de mon fils et je l’ai tenu dans mes bras. Imaginez ma stupéfaction de voir cette petite chose rosée, sachant que ma contribution fut très limitée, quelques mois plus tôt, d’une vingtaine de secondes d’efforts et de plaisir, alors que ma femme aura passé neuf mois à préparer cette merveille de l’ingénierie humaine.

Les hommes ont vraiment la vie facile, croyez-moi.

 

Comment conjuguez-vous vie de famille, travail, sortie, amis, détente, écriture…?

Très difficilement en ce moment. Ma femme a commencé un nouvel emploi de nuit et cela me laisse seul avec le petit, pratiquement tous les jours, du matin au soir. Sans vouloir me plaindre, je dois dire que parvenir à écrire, bien m’occuper du gamin, me reposer, faire des sorties, tiens du miracle. C’est un peu de ma faute, je suis très peu discipliné. Je suis en période d’adaptation et souvenez-vous de l’incapacité de la plupart des hommes d’accomplir plus d’une tâche à la fois.

 

Merci beaucoup de nous avoir consacré de votre temps pour nous faire toutes ces petites révélations.

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